mardi 26 mars 2013

Chapitre 21 - Des avantages comparatifs de la 3A en Chine et en Angleterre

Mes amis qui passent leur 3A en Asie postent ont l'occasion de faire le tour de la région, et postent sans cesse des photos d'eux dans des endroits incroyables : "ça, c'est une photo de moi en Birmanie, et ça, c'est moi au pied de la grande muraille...". Quand je regarde les photos de moi, c'est plutôt "alors ça c'est moi en train de manger, un gâteau, et là je mange un scone... et là c'est moi en train de manger un autre gâteau...". 


Rétrospectivement, je dirai que ma 3A a été bien remplie. 

Plus sérieusement, j'ai eu l'occasion de visiter des endroits incroyables ces dernières semaines dans Londres...



Le John Sloane Museum 

Il n'est pas très loin de mon campus, et je le recommande fortement à tout ceux qui auraient l'occasion de venir à Londres. Il faut savoir qu'il est là parce qu'il est bien camouflé: la façade est absolument banale (je précise que les photos qui suivent proviennent d'internet, étant donné que les photos sont malheureusement interdites dans ce musée).


Ce qui ne prépare absolument pas à ce qu'il y a à l'intérieur, et c'est tant mieux. John Sloane est un architecte du 19ème, et sa maison qu'il a apparemment lui même conçue a été gardée en l'état, avec toutes les bizarreries qu'il avait amassées au cours de sa vie. On s'y ballade avec plaisir dans des intérieurs typiques du 19ème (est-ce que je vous ai dit, au fait, que la maison datait du 19ème ?), très agréables.



Si le petit salon dans lequel je suis entrée d'abord m'a parut somme toute ordinaire, j'ai été très surprise par la suite... L'architecture est absolument extraordinaire, et j'aurais du mal à vous la décrire. Il existe une multitude de pièces qui, même si elles sont petites, donnent l'impression d'un labyrinthe. Certaines disposent de mini-dômes (ce qu'on apprécie particulièrement quand il fait très beau dehors).



Mention particulière à la "pièce aux tableaux" (nom que je viens de lui attribuer tout à fait officieusement). C'est une pièce assez petite, et où se trouvent pourtant plus de 100 tableaux ! La raison en est très simple: les murs sont recouverts de plusieurs panneaux de bois qui s'ouvrent pour révéler d'autres tableaux. L'un des côtés, une fois tous les panneaux ouverts, révèlent une sorte de fenêtre qui donne sur une sculpture et la vue du sous-sol.



Quelque chose d'intéressant dans ce musée, en dehors de l'architecture, est que John Sloane a amassé des tonnes de trucs inutiles d'objets intéressants. Figurez-vous que ce cher John a carrément un sarcophage dans son sous-sol (tant qu'à ramener un souvenir d'Egypte...).



Et je ne pouvais m'empêcher d'imaginer Mme Sloane s'exclamer : "Darling, tu ne veux pas un peu ranger ton bazar, il y en a partout ! Et bouge-moi ce sarcophage, il est dans le passage !"



Le V&A

Avec le John Sloane Museum, un de mes musées préférés, d'autant que j'ai eu la chance de voir ce musée un jour de beau temps exceptionnel (en ce mois de Mars morose, RIP le soleil). Un des plus beau musées de Londres à l'architecture magnifique, situé dans le quartier de South Kensington (à côté du Musée d'Histoire naturelle et du Science Museum).


Le V&A, c'est le museum of art and design, autrement dire qu'on y trouve de tout et n'importe quoi, des statues de Rodin à la collection de clefs du siècle dernier.









On y trouve notamment des vêtements, dont cette magnifique robe Dior que j'adore (bon, d'accord, elle était facile celle-là) :


Robe qui fait passer le V&A sur ma liste des musées à cambrioler avant de partir de Londres.

Comme on s'en doute, j'ai failli devenir hystérique en découvrant qu'il y avait une section japonaise pleine d'objets magnifiques...


... et surtout, des mannequins vêtus selon les différentes modes "Lolita" japonaises ! Je vous préviens, c'est très particulier, surtout quand on connaît mal la culture japonaise...







Il ne me reste plus qu'à devenir une gentlewoman cambrioleuse avant la fin de l'année...



Le British Museum - Cérémonie du thé

Celui qui trouve le rapport entre les deux gagne un prix...
(Mention spéciale à ceux qui auront répondu "le point commun c'est que ce sont des endroits où tu es allée")

Je suis retournée plusieurs fois au British Museum ces derniers temps. J'ai choisi cette fois d'aller voir les parties Assyriennes et Grecques sans même passer par la case momie ni même par la case départ. Et là, en passant par la partie Assyrienne...



Ce qui requiert une petite explication : j'ai lu la série de livres l'Assassin Royal de Robin Hobbes, qui est une série d'héroïc fantasy (j'espère que je ne dis pas de bêtise) (j'en profite pour recommander chaudement cette série, sauf peut-être aux triskaïdékaphobes car la série compte 13 tomes) (vous aurez appris beaucoup de mots savants sur ce blog) (ok, j'arrête avec mes parenthèses).
Revenons-en à l'Assassin Royal. Dans ce livre donc circule une légende sur "les Anciens", un peuple mythique pas vraiment humain. Il subsiste quelques représentations de ces fameux Anciens où ils sont représentés aidant les humains, avec des caractéristiques physiques animales, comme par exemple des ailes (et même des écailles il me semble ?). Tout ça pour dire que mon cerveau est soudain devenu hyperactif en voyant ça, et je me suis demandée si les Assyriens n'avaient pas connu les Anciens (juste des délires de lectrice assidue, rien de bien grave, quelques semaines de repos et je devrais revenir à un état de normalité).

Dans la partie Grecque j'ai pu voir des morceaux du Parthénon...




... et j'ai eu droit à un petit dépliant explicatif intitulé "pourquoi le gouvernement grec veut récupérer ces statues" (deuxième partie officieuse du titre : "et pourquoi il peut s'asseoir dessus, ou même aller se faire voir chez son propre peuple").
Permettez-moi d'être votre guide à travers ce contentieux historique.
A l'époque (19ème), c'étaient les Perses qui étaient en charge de la chose et qu'ils n'en prenaient pas bien soin. Le Parthénon a même reçu des coups de canons, ce qui explique l'aspect un peu... fracassé des statues. Du coup, à l'époque, la communauté scientifique s'inquiétait du sort du Parthénon, donc les Britanniques ont racheté des morceaux du Parthénon (à défaut de pouvoir se trimbaler le tout, ou même de le mettre quelque part, parce que mine de rien, un Parthénon ça prend de la place...). Le gouvernement grec est fort heureux qu'on en ait pris soin, mais maintenant il aimerait si possible récupérer le patrimoine culturel de son pays. Ce à quoi le Britannique répond "no way dude", arguant que la vente de l'époque était parfaitement légale (même si c'était la Perse, et pas la Grèce, qui l'avait conclu...). Je laisse à d'autres le droit de juger la question juridique. D'un côté, je comprends la position des Britanniques : s'ils commencent à rendre ce qu'ils ont pillé à tout le monde, ils ne sont pas sortis de l'auberge, et ils peuvent mettre la clé sous la porte du British Museum (les Français se sont aussi bien servi dans leurs colonies, je vous rassure...).

Le British Museum organisait il y a deux semaines une cérémonie du thé traditionnelle japonaise, il était donc impensable que je ne m'y rende pas... La cérémonie avait lieu dans la partie japonaise du musée, dans la reproduction miniature de maison japonaise (qui doit faire à peine trois tatamis). Deux actrices nous ont offert une démonstration pendant qu'une troisième décrivait ce qu'elles faisaient. Elles ont invité quelqu'un du public à participer, mais malheureusement, j'avais mon ordinateur avec moi et personne pour surveiller mes affaires... donc je ne me suis pas portée volontaire. C'était assez court (15 minutes) mais assez joli à voir, j'ai beaucoup aimé. Cela dure normalement plusieurs heures : l'hôtesse (ou l'hôte) prépare le thé avec des gestes lents, mesurés, répétés. Les convives parlent très peu. On est surtout dans un moment de calme, de sérénité partagés.
(Instant émotion : "un jour j'irai au Japon").




The Pinnacle

Un de ces innombrables buildings à la forme incroyable en construction dans Londres devant le chantier duquel je passe régulièrement quand je passe dans la City. C'est tour en forme de spirale/roulé à la confiture (choisissez l'image qui vous parle le plus). Voici une image de ce à quoi ressemblera la City une fois qu'il aura été construit (c'est le bâtiment au centre, vous ne pouvez pas le rater) :


Seulement mon cerveau mélange Pinnacle et pinapple (ananas), donc moi, quand j'imagine la City dans un an, j'imagine plutôt ça :


Je devrais être nommée responsable de l'Aménagement Urbain par le maire de la City.


Old Spitafield Market - Brick Lane

Old Spitafield et Brick Lane, ce n'est pas très loin de la où j'habite : c'est au Nord-Est de London Bridge (un peu plus au Nord que la city) et c'est le quartier des hipsters qui est en train de devenir à la mode. Alors forcément, j'ai cédé à mes penchants hipsters et me suis ruée là-bas avant que ça ne devienne mainstream. Mainstream, ça l'est déjà, mais j'ai adoré le quartier.
Old Spitafield, ce sont d'anciennes halles marchandes où on trouve des boutiques de déco (idéales pour trouver un cadeau sympa dans les 10 livres), des boutiques de vêtements moyen de gamme (prix dans les 50-100 livres), des boutiques de stylistes. Il y a tous les dimanches un marché qui regroupe des stylistes (attendez-vous à débourser 100 livres minimum la robe), des vendeurs de bibelots (les classiques vendeurs de bijoux, ou de vêtements à moins de 10 livres). Il est sympa de s'y promener, surtout que les alentours sont assez agréables.
On y voit des choses étonnantes, comme cette maison qui se cache derrière une fausse façade.




Scandale de la viande de cheval, la suite : on en a même retrouvé sur les toits londoniens ! 


Brick Lane est un quartier très étonnant, très coloré, à voir absolument ! Tous les dimanches s'y tient une sorte de marché aux puces (on y trouve l'indispensable robe en trombones multicolore, indispensable à tous hipster qui se respecte), ainsi que des stands de nourriture à foison. Voici quelques-unes des bizarreries géniales que l'on peut admirer à Brick Lane :





Terminons, pour clore cet article, sur cet objet vu à Brick Lane : 



ça pourrait presque être exposé à la Tate Modern... 

samedi 16 mars 2013

Chapitre 20 - Oh Mirror Mirror on the wall, which one of these masters is the fairest of all

Impossible de tenir un blog en 3A sans parler de l'inévitable choix de master pour l'année prochaine. 
Quoi, comment ça, ça n'a rien à voir avec le sujet de ce blog, à savoir mon année en Angleterre ? 
...
Bon, si vous insistez, je vous offre ce concentré de British :


Maintenant que vous avez eu plus de British que vous ne pouvez supporter, est-ce que je peux continuer ? Merci. 

Les master, donc. Parce que à Sciences Po, comme les trois premières années sont généralistes, on a un large choix de master. Oui, oui, je sais, vu de l'extérieur, on ressemble un peu à ça : 


Donc, prise de tête ces dernièr(e)s semaines/mois (années ?) sur le sujet. Surtout que Sciences Po ne nous a pas vraiment renseigné sur le sujet cette année, étant donné que le premier mail nous expliquant les deadlines et les démarches... est arrivé il y a deux semaines, après que les deadlines pour certain masters soient déjà passées.


Bon, en même temps, c'est vrai que cette année a été assez compliquée : scandale médiatique, fin du monde, chute de météorites, etc. 

J'ai eu la chance de savoir très tôt ce que je voulais (en deuxième année de master), avec une certitude tellement absolue que j'aurais pu m'exclamer au sommet d'une falaise sur fond de soleil couchant + musique mélancolique "c'est mon destin" sans paraître ridicule (dommage qu'il n'y ait pas de falaise à Londres, pas vrai ?). Ma "destinée" donc, c'est le master marketing (choisi un peu par défaut au départ : j'ai pris la liste des masters, supprimé ceux liés à l'éco, au droit, aux affaires publiques... il en restait trois), mais au final c'est vraiment ce que je veux faire (regard dans le lointain, séquence émotion). 

Le mail reçu il y a deux semaines précisait que pour le master marketing, lettre de motivation + cv étaient à envoyer... Cinq jours plus tard. La lettre fut donc rédigée dans la panique la plus totale avec calme, réflexion et professionnalisme.


Une fois la lettre envoyée, je suis restée sans nouvelle plusieurs jours, ce qui était assez stressant (est-ce qu'ils n'avaient pas reçu mon mail ? Est-ce qu'ils avaient décidé de rejeter d'emblée ma candidature et de faire comme s'ils n'étaient au courant de rien pour ne pas rendre les choses awkward entre nous ?).
J'avais l'impression que l'administration à Paris chantait comme Bénabar "Même si je ne pense qu'à elle, si je rêve de la revoir Vade Retro téléphone elle ne doit pas le savoir ! Nos meilleurs techniciens se sont penchés sur la formule : c'est trois jours au moins le résultat de leurs calculs. Il faut pas que je l'appelle, pas que je l'appelle, attendre encore quelques jours, il faut pas que je l'appelle, pas que l'appelle, trois jours minimum !" (pendant que moi je fredonnais "Et si tu le veux, si tu le veux bien, peut-être qu'un de ces jours un de ces quatre matins, tu m'avoueras un peu gêné que t'osais pas m'appeler, je me vois rigoler, c'est ridicule, quelle drôle d'idée !").


Mais j'ai finalement reçu un mail... trois jours après (puisque je vous le dis...) pour me donner un rendez-vous skype qui s'est bien passé. Il ne reste plus qu'à faire mon choix en ligne la semaine prochaine, ce qui n'est qu'une formalité (à moins qu'à cause d'un complot gouvernemental mon compte soit piraté et qu'on m'inscrive dans un autre master, ou chute de météorites sur les serveurs de Sciences Po, nouvelle fin du monde imminente, mais j'ai bon espoir que tout se passe bien).

Une amie m'a fait remarqué qu'elle ne comprenait pas comment on pouvait rêver dès ses cinq ans de travailler dans le marketing. Je ne rêvais pas bien sûr de faire ça quand j'étais haute comme trois pommes, j'ai vécu deux trois trucs entre temps qui m'ont un peu fait changer d'avis...
Non pas que je ne veuille pas poursuivre mon rêve de quand j'avais 5 ans, mais j'ai un petit problème...


De toute façon, le marché est un peu bouché en ce moment. Et puis, j'ai le temps d'aller parler à cette bonne vieille Elisabeth avant la fin de l'année pour lui proposer de reprendre son business.

vendredi 8 mars 2013

Chapitre 19 - La parabole du mégabus

Comme vos esprits brillants l'ont immédiatement deviné, ce post parle de mon voyage à Oxford.


Comment ça, quel rapport avec le mégabus ? Excellente question... 

Je suis allée à Oxford avec Julie. Nous avons choisi d'y aller en bus et avons acheté nos billets sur le site web de la compagnie Mégabus. Rien qui vaille de faire de cette compagnie le titre de mon post (car, précisons-le, ce blog n'est pas subventionné par mégabus), du moins pour le moment. C'est là que les choses deviennent du grand n'importe quoi intéressantes. 
Pour savoir comment retirer nos billets, nous consultons la FAQ. Et nous tombons sur la question suivante: "à quoi reconnais-on un Mégabus ?". Notre réaction :


Ce qui nous a fait bien rigoler les jours précédents notre départ. Nous n'avons pas arrêté de nous demander "mais alors, à ton avis, à quoi reconnait-on un mégabus ?" "Eh bien écoute, je ne suis pas experte dans ce domaine mais je dirais qu'un mégabus est un bus avec marqué dessus mégabus..."


Le jour du départ, nous nous rendons à l'arrêt où était censé nous attendre le mégabus. Un peu inquiètes, parce que notre bus est à 8h30, et qu'il n'y a jusqu'à l'heure fatidique qu'un bus Oxford Tube qui prend toute la place. Et nous scrutons l'horizon en quête du mégabus tant attendu... 
Jusqu'à ce que le conducteur du Oxford Tube sorte de son bus et nous dise "les passagers pour le mégabus, veuillez embarquer". 


On aurait peut-être dû la lire, cette FAQ, finalement... Ce qui nous a permis de tirer comme conclusion que rien ne ressemblait moins à un Mégabus qu'un Mégabus. A méditer...

Bon, revenons-en à Oxford. 

Nous avons commencé par nous perdre par visiter le château d'Oxford, qui date du XIème siècle. J'ai été surprise d'apprendre que la chaîne Pizza Express datait de cette époque, étant donné qu'il y a un de leur restaurant dans leur château...



Plus sérieusement, le château pourtant très beau (depuis que je suis toute petite, j'adore crapahuter dans les châteaux médiévaux) a été massacré par l'installation de cafés, magasins, restaurants. Certes, c'est peut-être parce que la ville ne disposait pas d'assez de moyens pour l'entretenir sans cela, mais cela me fait tout de même une impression de gâchis (pas de crapahutage pour cette fois, donc; j'aurais pu jouer aux aventurières dans le Pizza Express mais c'est moins exaltant). 

Nous nous sommes baladées dans Oxford. Oxford est une ville magnifique, pleine d'histoire, comme Cambridge où je suis déjà allée. Encore une fois, je me suis dit que j'aurais bien aimé étudier ici, entre ces murs qui ont un tel passé et vu défiler tellement de monde... J'ai beaucoup plus apprécié que Cambridge, à cause des conditions du voyage : il faisait assez beau, et surtout nous n'étions que deux tandis qu'à Cambridge, nous étions un groupe de 20. J'avais pu visiter beaucoup moins de choses (notamment, je n'avais pu rentrer dans aucun College). 
Nous avons même pu faire le musée d'Oxford. Nous avons été agréablement surprises car il est vraiment très intéressant, très pédagogique, et il y avait beaucoup de choses à voir. Comme ce tableau qu'on a droit de toucher, qui montre à quel point toucher les oeuvres les dégrade (en vert le nombre de fois que la partie de gauche a été touchée). 


J'ai pu rencontrer un sympathique représentant de l'espèce dodo. Enfin, une statue dudit représentant. 


Nous nous sommes séparées à un certain moment parce que nous ne voulions pas y passer trop de temps et que nous voulions voir des choses différentes. Evidemment, j'ai choisi...

  

La section japonaise... 

Quelques images au hasard des merveilles que j'ai pu voir à Oxford :








Je tiens à saluer le bel effort des Oxfordois pure souche. Pour faire comprendre aux touristes qui envahissent leur belle cité tous les week end et s'arrêtent tous les mètres en plein milieu de la rue pour prendre des photos, l'Oxfordois ose les couleurs afin de photobomber donner une touche particulière aux photos. Ou alors la doudoune multicolore est à la mode cet hiver et personne ne m'en a averti.
(Ceci dit avec une gentille ironie; je suis parisienne et passe mon temps à râler contre les touristes qui prennent leur temps et s'arrêtent en plein milieu du boulevard Saint-Germain quand je suis, comme d'habitude, très en retard pour aller en cours).



J'ai appris à cette occasion grâce à Julie (mon guide du routard personnel) que certaines scènes d'Harry Potter avaient été tournées à Oxford. J'ai visité ainsi la Grande salle (il fallait le savoir que les scènes du film avaient été tournées là, car elle n'a rien de particulier par rapport aux salles à manger d'autres Collèges anciens) :

 


L'escalier où se déroule la scène d'arrivée à Poudlard dans le film 1 (avec la rencontre épique Malefoy-Harry) :



Ainsi qu'un cloître où ont été tournées certaines scènes (je n'ai pas réussi à trouver de photos des films pour celui-là) :



Pas de trace d'Harry Potter par contre... Il devait être en reading week. 

Mais il y a un autre personnage de fiction fameux qui hante les Colleges d'Oxford...


Car Lewis Carroll a étudié à Oxford, et s'est inspiré de la fille du doyen du principal College, Christ Church. D'autres grands noms sont aussi passés par Oxford ici, qui ne sont malheureusement pas mis à l'honneur : Tolkien, mais aussi C. S. Lewis, l'auteur du monde de Narnia. J'en profite au passage pour vous offrir cette phrase qui résume assez bien ma philosophie : 


Revenons-en à Alice.
J'ai eu beau scruté tous les arbres du coin, impossible de repérer le fameux chat de Cheshire (il devait sans doute prendre le thé avec Harry).


Il y a une boutique de souvenir Alice près de Christ Church College, par laquelle nous avons bien entendu fait un détour. La boutique n'était pas exceptionnelle : les produits n'étaient pas très bien pensés (c'est la futur directrice marketing qui vous parle) et reposaient uniquement sur les illustrations de Lewis Carroll (aucune allusion au film de Disney ou au film de Burton). Et pourquoi pas de boutique Narnia, d'abord ?





Cette visite m'en aura également appris beaucoup sur cette belle notion qu'est l'optimisme.
J'ai pu observer à Oxford énormément de cadrans solaires. Quelle plus belle preuve d'optimisme que l'existence de cadrans solaires dans un pays où il y a de la pluie/du fog/ des nuages 99% du temps ? Là où d'autres auraient définitivement abandonné l'idée, le Britannique n'a pas hésité, persuadé qu'un jour le soleil daignera venir se pencher sur ses terres, parce que ce n'est pas parce qu'il fait moche depuis la Création que la chance ne peut pas tourner.
En attendant, heureusement qu'on a inventé les montres, sinon le Britannique aurait eu du mal à être ponctuel.
Comme l'a si bien dit ma très chère Eloïse (je rends à César ce qui appartient à César), de toute façon, le Britannique est persuadé qu'il vit dans un pays chaud ; c'est pour cela qu'il commence à acheter son maillot de bain en janvier et qu'il sort en short et t-shirt même en plein hiver.
J'admire cette force de caractère.

Pour finir la journée (outre la traditionnelle pause afternoon tea), nous sommes allées assister à une chorale religieuse dans la chapelle de l'un des College qu'il est normalement interdit de visiter. Autant vous prévenir tout de suite : d'ordinaire, je me sens aussi à l'aise dans une cérémonie religieuse qu'un pingouin à un barbecue mexicain.


(Admirez au passage mes talents supérieurs en photoshop).
Mais j'ai été agréablement surprise. Le lieux était superbe, et les chants tout simplement magnifiques, très émouvants. Moi qui craignais de m'ennuyer, je n'ai pas vu le temps passer. Malheureusement, nous n'avons pas pu rester longtemps étant donné qu'il fallait repartir prendre notre mégabus qui, décidément, ressemblait plus à un Oxford Tube qu'à un mégabus.

Quoi de mieux donc, pour conclure cet article, que ce superbe nom de rue croisée par hasard ?

mercredi 6 mars 2013

Chapitre 18 - Sous la City, la plage

Quel était l'évènement de ces dernières semaines à Londres ?


La Fashion Week, bien sûr ! Qui s'est déroulée à Somerset House, juste à côté de mon campus. J'ai donc pu aller m'y promener. Je n'ai bien sûr pas assisté au défilé, mais j'ai pu faire me promener dans la grande cour de Somerset House et regarder les tenues... originales des gens qui se trouvaient là. 
J'ai un petit faible pour ce beau chapeau : 


Plus sérieusement, j'étais contente d'avoir l'occasion d'y faire un tour. Londres est l'endroit idéal pour afficher un style vestimentaire extravagant sans que personne n'y accorde la moindre attention. Alors la fashion week, c'est un peu l'exposition de ce que Londres fait de meilleur en extravagance vestimentaire. Des chapeaux volumineux, des chaussures importables, des couleurs flashy... Certes, la plupart des gens trouveront que c'est ridicule et ils auront peut-être raison. Mais comme nous sommes dans un monde très conformiste, j'aime bien ce côté too much qui permet à chacun d'exprimer son individualité et son originalité.
Et puis, profitons-en pour saluer les performances incroyables de certains de ces fashionistas. 


Reconnaissez que réussir à marcher avec des chaussures pareilles relève tout de même de l'exploit sportif de haut niveau. 

Malgré mes espoirs, aucun créateur ne m'a proposé de faire de moi sa Muse, mais c'est sans doute parce qu'ils n'étaient pas encore arrivés. Je n'ai même pas croisé ce cher Karl...






Autre actualité de ces derniers jours: j'ai été à la bibliothèque (la Maughan Library) pour emprunter des livres pour un essay. Je pense n'avoir jamais parlé de la bibliothèque de King's dans ce blog...



Se rendre à la bibliothèque, c'est tout une aventure. J'y entre pour chercher un livre et je ressors trois jours plus tard. King's a un système de classement incompréhensible particulier. Pour vous donner une idée, je cherchais une fois des livres sur la laïcité en France (si si). Il y en avais quatre dans la bibliothèque... Qui se trouvaient à quatre endroits différents. Vous commencez à comprendre la dimension hautement logique de ce système de classification. Ajoutons à cela le plan d'un étage de la bibliothèque :


Enfin, ce que je vois moi c'est plutôt :


Surtout quand on connaît mon sens légendaire de l'orientation... C'est un peu la version étudiante d'un épisode de Dora l'exploratrice, en somme.
Sans parler de ces livres qui, d'après le catalogue de la bibliothèque, sont censés être disponibles en dix exemplaires mais qui s'avèrent, après une heure de recherches poussées dignes d'Indiana Jones lui-même... n'être pas là. Preuve soit de la fainéantise des étudiants qui ne les remettent en place, soit que la bibliothèque est le théâtre de phénomènes paranormaux (genre des esprits frappeurs qui s'amusent à déplacer les livres la nuit). Et si je restais à la bibliothèque après les horaires de fermeture à l'occasion pour vérifier tout cela par moi-même ?


Terminons sur le nom de la bibliothèque : Maughan. En bonne française que je suis, je prononçais à mon arrivée : "maugane" avec un accent vaguement anglais et un petit you know pour faire passer le tout.
Erreur de débutant.
Il est naïf de croire que l'anglais a une prononciation logique de sa propre langue. Maughan se prononce "Mo-one". Chaque fois que je me trompe et qu'un anglais me regarde avec incompréhension, j'ai envie de lui dire "there's a G ok ??? mauGhan !!! If you don't want to pronounce this letter, don't put it in the word !!!"


J'en serais presque nostalgique de la bibliothèque de Sciences Po où je ne trouve jamais de place à cause des gens qui laissent leurs affaires et partent faire autre chose.

Presque.